Accueil > Jean Cartier’s Blog > Photographie > Mon premier cyano tout seul

Mon premier cyano tout seul

vendredi 18 mai 2007, par administrateur

Ca y est, j’ai réussi à faire mon premier cyanotype chez moi, grâce aux conseils avisés d’Erick et au matériel qu’il m’a filé. Merci Erick !

Alors, si toi aussi tu veux développer ta propre photo numérique comme les anciens et comme moi, il te faut :

- Une photo numérique (ou un scan de photo) ayant une gamme tonale étendue, c’est à dire ayant des zones sombres, des zones claires, des zones moyennes et des transitions entre...
- Un logiciel de retouche photo : The Gimp. Il est aussi puissant que PhotoShop (je sais certain diront qu’il n’a pas la fonction super hyper importante de la mort qui tue qui permet d’un clic d’enlever les yeux rouges, de faire un masque d’effet sur un masque vectoriel... D’autres diront qu’il n’est pas si, pas ça... bref, un petit tour sur VirusPhoto et vous verrez que ce que certains Pro utilisent ce n’est pas un logiciel mais de la technique et de l’imagination.
- Une imprimante laser noir et blanc (celle du boulot devrait aller, sinon, actuellement on en trouve à à peine 100 Euros)
- Une feuille de papier à rétroprojecteur spécial imprimante laser (les autres, elles fondent dans l’imprimante laser et après, ça marche pu !), 35 Euros les 50 feuilles. Un peu cher, c’est sur, mais 50 feuilles...
- Une plaque de verre, un peu épaisse, disons 30cmx40cmx5mm, soit environ 4 Euros chez Bricomarché
- Une planche de bois bien plane, minimum la grandeur de la plaque de verre. Allez, on en trouve forcément une qui traine. Si c’est un morceau de plastique ou de carton, ça va aussi !
- Un morceau de papier (n’importe quoi ça marche, mais tant qu’à faire autant prendre un beau papier, non ?).
- De l’eau au fond d’un plateau
- Une paire de gant en plastique non trouée
- 2 flacons fermant hermétiquement (si avec pipette, pas besoin de seringues)
- 2 seringues, sans aiguille (sinon ça pique !)
- Une éponge ou un bout de coton ou un morceau de torchon ou un pinceau ou un bout de sopalin...
- Un sac en plastique noir classique
- Un pot en verre style à confiture

Jusque là, fastoche ! Viens le plus "difficile" : les produits chimiques...
- du citrate d’ammonium ferrique (le vert est apparemment plus sensible, mais le marron semble fonctionner aussi)
- du ferricyanure de potassium

La COGER vend ces produit, mais achetez les à plusieurs.

Attention ! Ce sont des produits chimiques ! Ne les laissez pas à portée des enfants, ne les ingérez pas, marquez sur vos flacons ce qui se trouve dedans, ne respirez pas les vapeurs, ne projetez pas dans les yeux, utilisez des gants pour éviter le contact avec la peau, réservez le matériel à cet usage seul et ne mélangez pas avec du matériel alimentaire, ne jettez pas dans les égouts ! Versez les déchets dans des bidons en plastique que vous emporterez à la déchetterie en inscrivant leur contenu dessus. C’est à ce prix que nous limiterons les dégats, épargnerons les nappes phréatiques et que nous pourrons continuer à faire des procédés anciens !

ATTENTION ! NE PAS MELANGER LE FERRICYANURE DE POTASSIUM AVEC UN ACIDE FORT ET NE PAS LE CHAUFFER FORTEMENT : IL Y A RISQUE DE PRODUCTION DE CYANURE.

Solution A : Dans un flacon hermétique (de préférence brun), mettre 20g de Citrate de Fer Ammoniacal Vert et 100 ml d’eau, puis agiter jusqu’à dissolution. Normalement, on ajoute 1ml de Formol 30% (pour prevenir la formation de moisissures si conservation de la solution). Il faut que j’essaie avec de l’extrait de clou de girofle, moins violent

Solution B : Dans un second flacon hermétique (de préférence brun), mettre 8 g Ferricyanure de potassium et 100ml d’eau.

Ca y est, vous êtes prêt !

Avec Gimp, transformez la photo en photo noir et blanc (niveau de gris serait un terme plus judicieux). Pour ce faire, plusieurs possibilités s’offrent à vous.

Ensuite, inversez les couleurs (pour faire le négatif) : Calque - Couleur - Inverser. Pour les photoshopien, le raccourci clavier est Ctrl+i. Quand je vous dis que je ne suis pas sectaire !

Enfin, imprimez sur votre feuille de transparent sur l’imprimante laser.
Notez qu’il existe des feuilles transparentes pour imprimantes couleurs, mais je ne trouve pas leur résolution suffisante, à moins de taper dans de la marque et là, les prix s’envolent !

Notez aussi que ce n’est pas la peine de faire un super grand négatif au début... 10cmx13cm, c’est bien !

Cool, un négatif comme les vieux négatif de papa ou papy pour les plus jeunes. Suis si vieux que ça moi ?

Ca, c’est fait.

Dans le pot en verre, mélangez 5 gouttes de solution A et 5 de solution B. Ces 10 goutes devraient vous permettre de couvrir environ une surface presque d’un A4. J’ai dit presque...

Rangez les 2 flacons dans le sac en plastique noir afin de les préserver de la lumière.

Mettez les gants, prenez un des étaleurs de votre choix (coton, éponge, pinceau, ...) et étalez uniformément le mélange jaunatre sur la feuille (que vous aurez au préalable découpée un peu plus grande que le négatif imprimé, histoire de laisser des marges.

Dans une pièce sombre, suspendez la feuille quelques dizaines de minutes pour qu’elle sèche.
Si vous voulez accélérer le séchage, mettez devant un ventilateur, un sèche cheveux SUR POSITION FROIDE (SINON GRAND DANGER !!!), dans un courant d’air. De toute façon ça sèche vite !

Une fois le papier sec, posez dessus votre négatif et prenez le tout en sandwich entre la planche de bois et la plaque de verre.
Le négatif doit être au dessus de la partie badigeonnée...

Et zou, le tout au soleil !
Si c’est le plein cagnard, mettez vous à l’ombre.
Sinon, au soleil. Le temps durant lequel il faut laisser est variable.
Plus le soleil tape dur, moins il faut laisser longtemps.

Pour exemple, j’ai laissé mon négatif avec mon papier 15 minutes au soleil. Nous sommes le 18 mai, il était 18h10, il faisait ciel bleu, mais avec des gros nuages et un peu de vent. Température extérieure : 21 degrés.

Le jaune prend d’abord une teinte bleutée, puis un vilain vert. Là, ça doit être bon.

On récupère la feuille et on la trempe dans l’eau du plateau.
A l’envers, c’est mieux, ça fait plus surprise !

Là, elle y prend sa belle teinte cyan.

Il faut la laisser quelques temps (cela dépend, de quelques minutes à quelques heures) le temps que le papier redevienne bien blanc où le négatif l’a protégé des rayon du soleil (les UV).

L’eau est mise dans un bidon, qui lorsqu’il sera plein sera emmené à jeter à la déchetterie.

Laisser sécher le cyanotype et admirez...