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Les procédés anciens m’amusent

jeudi 8 mars 2007, par administrateur

Nous y reviendrons plus tard, mais je profite de l’occasion d’être allé m’amuser un peu avec Erick Mengual dans son labo photo pour parler un peu de photographies et de l’utilisation du numérique.

Le développement argentique en 2 mots

On connait encore (pour combien de temps) le développement photographique argentique. Les appareils photos enregistrent sur une pellicule sensible l’intensité lumineuse en négatif.

Ces pellicules étaient jusqu’alors développées (figées) puis repassées en positif par agrandissement sur papier sensible (noir et blanc, ou couleur).

La qualité photo en numérique

Avec les appareil photo numérique, cette étape passe aujourd’hui soit par l’impression sur une imprimante qualité photo. Cette "qualité photo" m’amuse beaucoup (me fait même marrer) pour 2 points particuliers :
- l’encre utilisée est encore de piètre qualité, ce qui fait qu’elle n’est pas vraiment stable àla lumière. J’ose àpeine imaginer les photographes en herbe qui découvriront dans quelques années leur beaux tirages "qualité photo" seront complètement passés. A ce moment, resteront (si les sauvegardes ont été faites et si les supports ne se sont pas trop dégradés, car du plastique se dégrade naturellement...), des CD pleins de photos dont on ne saura peut-être plus lire les formats.
- La résolution des imprimantes n’approche franchement pas les tirage argentiques classiques (en plus il y a des franges bizarres et trop franches).
- La véritable qualité photo s’obtient àgrand coup de milliers d’Euros, innacessible aux particuliers.

Bon, il faut avouer que le numérique apporte quand même son lot d’avantages :
- Rapidité de la mise en oeuvre et coà»t diminué (une fois l’appareil photo, les objectifs, l’ordinateur, l’imprimante, le scanner, la sonde de calibration, ...)
- "Développement" numérique sur ordinateur (par exemple avec Gimp et UFRaw)
- Possibilité de développement des photos chez soi, sur borne rapide ou en labo. Mais je trouve que le coà»t du développement est quand même vraiment élevé !

Passons sur ces points.

Disparition de l’argentique

Mon coup de gueule vient du fait qu’il est de nos jours de plus en plus difficile de trouver du matériel de développement photo argentique abordable.
J’ai fort heureusement pu récupérer agrandisseur, bac, et autres ustensiles auprès de personnes souhaitant s’en débarasser.
Par contre l’offre papier et film se réduit comme peau de chagrin.

Les gens perdraient-ils l’attrait du développement àl’ancienne ?

Toujours est-il que je nage actuellement àcontre courant : j’ai décidé (et Erick m’a bien aidé sur ce point) de concilier l’approche développement classique et photographie numérique.

Les procédés anciens

A cet effet, je me suis penché sur les procédés anciens de développement photographique : Tirage àla gomme arabique, tirage au cyanotype.

Il s’agit de développer ses photos non pas dans un labo sombre, mais àla lumière du jour.

Les résultats sont tout bonnement extraordinaires.

Technique des procédés anciens

Comment ça marche ?
- On prend un négatif
- on prend une feuille de papier (le papier d’art c’est mieux) àfort grammage (>150 g/m2)
- On applique une solution sensible àla lumière (cela fera l’objet d’un autre article... pour les plus pressés, voir sur le site d’Erick)
- On sèche le papier àl’abri de la lumière
- On applique le négatif sur la feuille
- On expose aux UV (du soleil ou artificiels) quelques minutes
- On rince àl’eau (attention, certaines substances ne devraient pas être jetées dans les égoux, mais portées en déchetterie !)
- Et voilà ! Une photo ! (monochrome, mais il ya des solutions pour la polychromie)

Grand moment que la première photo qui apparait ainsi !

Un négatif numérique

Ayant un appareil photo numérique, je me suis dit qu’il pourrait être sympa de faire la même chose avec... un négatif numérique.

Comment faire un négatif numérique ?
- Prendre son positif numérique (sa photo sur l’ordinateur)
- La retoucher (un des gros avantages du numérique)
- Inverser les couleurs

Comment faire un négatif depuis un négatif numérique ?

Nous avons fait plusieurs tests avec Erick :
- Impression sur papier calcque avec imprimante jet d’encre (c’est Erick qui avait fait le test). Le papier Calque boit un peu trop l’encre àmon gout, mais ça peut donner des résultats créatifs.
- Impression sur papier àtransparent jet d’encre. Pas mal, mais je trouve que ça rajoute du grain. De plus, il faudrait utiliser une imprimante pigmentaire et non une imprimante àjet d’encre classique.
- Impression sur transparent àimprimante laser. C’est, àmon goà»t, la solution la plus probante, le imprimantes laser ayant maintenant de bonnes définitions, les encres étant peu perméables àla lumière, le cout étant plus que raisonnable.

Une fois ce négatif numérique obtenu, rest àle développer suivant la technique explicitée ci-dessus.

Quelques images dans quelques temps...

Messages

  • bonjour,
    je me permets de vous ecrire car je recherche quelques renseignements. J’aimerais me mettre a la photographie et developper par moi meme ensuite mes photos. Mais je ne sais pas quels genres d’appareils il est necessaire d’avoir pour pouvoir developper ces photos par la suite. Je souhaiterais les developper en argentique (noir et blanc si je ne me trompe).
    Merci d’avance pour votre reponse
    A. de Fornel

  • Bonjour, c’est sympa de voir un billet clair sur un blog, avec une idée amusante pour le négatif depuis une prise numérique :) Bravo aussi pour présèrver avec nous les anciennes techniques, au charme bien plus présent, surtout pour le noir & blanc...

  • Bonjour,
    Photographe, j’aime bien bidouiller et le choc procèdès anciens technologies modernes m’amuse. Mais une question me titille au sujet du négatif laser. Comment arrivez-vous à produire un négatif laser qui ne présente pas de stries régulières ?

  • Réponse à FRost :

    L’imprimante laser sur laquelle j’ai testé le négatif papier est une imprimante de type HP LasetJet qui permet une résolution maximum de 1200 dpi.

    A 600 dpi, ça fonctionne aussi...

    Les stries ne sont pas présentes, mais cela est certainement dû au mode d’impression de l’imprimante.

    Voir si dans les options avancées de votre imprimante vous n’avez pas des options de tramage personnalisables.

    De mon côté, les trames (si elles sont légères) ne gènent pas, vu que les contrastes doivent être un peu poussés pour les procédés anciens (j’ai fait des cyanotypes et des gommes bichromatées avec le même négatif).

    Enfin, vérifiez que votre toner est bien en état, qu’il ne faut pas nettoyer votre imprimante, ... Mais je pense que vous l’avez déjà fait...

    On pourrait aussi, si on a accès à ce genre de matériel opter pour des films issus de flasheuses d’imprimerie (ctf)

    Cordialement

    Jean CARTIER